mardi 12 mai 2009

Maintenant, le Togo

Samedi le 25 avril, chanceux, je quitte Cotonou pour me rendre à Lomé, capitale du Togo. En effet, vers 9h, Frank a l’amabilité de me déposer à la gare routière en plus de faire les négociations à ma place avec les chauffeurs de taxi-brousse qui peuvent être parfois disons, très agressifs. Sortir de Cotonou avec ses embouteillages permanents, n'est encore une fois pas facile, mais une fois sortie, la route est en assez bon état et les paysages sont merveilleux, surtout le lac Ahémé situé juste avant la frontière avec le Togo.


Je ne sais pas pourquoi, mais le Togo ne m’inspire pas tellement. Je ne sais pas si c'est dû au fait qu'il y ait eu une tentative de coup d’état la semaine dernière, à cause de mes lectures sur sa situation économique en constante dégringolade ou bien si ce sont les histoires que certains béninois m’ont racontées, mais je suis rempli d'appréhensions à l'idée d'y aller.


Nous arrivons à la frontière et je sens déjà la tension monter en moi. Ce sera la première fois que je traverserai une frontière terrestre en Afrique. La scène est complètement folle. D’abord il y a des kilomètres de camions de transport qui attendent et qui sont si nombreux que je suis certain qu'ils en auront pour une semaine avant de traverser. En plus juste devant nous, malheur, un accident de la route; une femme en mobylette se fait happer par un 4x4. Puis, c’est la manne de vendeurs ambulants qui nous prennent d'assaut en nous offrant tout et n’importe quoi; crayon, cafetière, malaxeur, mouchoir, linge, souliers, bouffe, vous voyez le genre?


À ce point je dois sortir de la voiture et faire la traversée à pied avant de me lancer seul, dans cette jungle et c'est bien la dernière chose qui me tente, mais quand il faut y aller, il faut y aller. J’emprunte donc le passage qui indique passeport étranger. Après le premier contrôle, j'arrive dans le «no man’s land», la section entre les deux postes frontières. Dans cette zone, il y a autant de monde, mais ce sont surtout des taxis ou des bus qui vont et viennent dans les deux directions. Très rapidement, je me retrouve entouré d'au moins dix personnes qui sont là à me demander dans quelle direction je m’en vais. On m'informe que je dois me diriger vers le poste du Bénin où ils feront les vérifications pour me permettre de sortir. Tous mes papiers sont en règle, ce qui semble irriter l’agente de l’immigration qui met près de 30 minutes à remplir son foutu rapport. Ça y est, j’ai maintenant le droit de sortir du pays.


Mais ce n'est pas tout, vous l’avez deviné, maintenant il me reste à entrer au Togo. Troisième contrôle du passeport où on m’indique de me rendre bureau d’immigration pour encore remplir des documents. Une fois de plus, mes papiers sont en règle et l’agent est complaisant, il estampe mon passeport et me voilà rendu au Togo. Une autre meute de vendeurs ambulants m'accueillent, mais cette fois mon chauffeur a la gentillesse de venir me chercher, ce qui me permet de les éviter. Ouf !!! Après avoir franchi 200m à peine, on nous arrête au poste de la douane Togolaise pour vérifications; car il faut savoir qu'en Afrique, la frontière est sous la responsabilité de la police et les douanes sont sous une autre juridiction... probablement pour mieux distribuer la richesse...


Toutes les formalités enfin terminées, j'entre dans un nouveau pays et la différence avec le Bénin est flagrante. Les routes sont dans un piteux état et les bâtiments ne sont guerre mieux. Je sens que ça vient de baisser d’une coche. Le port est la première chose que je vois à l'entrée de Lomé et laissez moi vous dire que ce n’est pas la plus belle. Nous voilà encore coincés dans un embouteillage sur une route défoncée; on est arrivés dans la vraie ville de Lomé. Je logerai à l’Hôtel Palm Beach, un gros complexe en bord de mer recommandé dans le guide. Construit dans les années 70, je crois qu’aucune rénovation n'a été faite depuis!


Six heures pour faire un trajet de 180 km ça creuse vraiment l’appétit. Après vérification dans le Lonely Planet je choisi d'aller à la Mini-Brasserie pour, dit-on, son ambiance et sa carte et c’est à 200m de mon hôtel. Pour l’ambiance on repassera. À mon arrivée, je suis le seul client, mais le staff est très sympathique et je décide d’y rester. Heureusement, j'ai pris la bonne décision. Cédric, un français qui habite Lomé, en est le gérant et il se trouve que c’est sa dernière soirée, car il s'est déniché un poste de gérant dans un hôtel non loin de sa résidence.


Peu à peu les gens arrivent, des expats pour la plupart et la soirée commence à prendre des airs de fête. De tournée en tournée je rencontre David, un réparateur de machines à sous, Patrick et son fils Allan, Philippe le proprio ainsi que Jean et ses collègues de travail de la Financial Bank. Après quelques heures à jaser et lever le coude, on décide de changer de place et on se rend au Privilège, voisin de mon Hôtel. On dit que c’est la plus grosse boîte de nuit de toute l’Afrique de l’ouest. Ouais! Je suis finalement rentré me coucher, un peu rond, aux petites heures du matin. Pas si mal le Togo finalement! De plus, Cédric m’a proposé de l’accompagner avec Allan pour déguster une pintade de Dapaon le lendemain pour déjeuner. Je vous en reparle…

1 commentaire:

Anonyme a dit...

LeS plaisirS des frontières africaines: ça ne se raconte pas, ça se vit!

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