samedi 14 mars 2009

Salut de Dakar.


Et oui, je suis arrivé en Afrique, lundi soir 9 mars vers 23 h et dès ma sortie de l'aéroport, ça y était. Je faisais enfin mon entrée dans ce nouvel univers pour les quatre mois à venir et qui, je le sais bien, est totalement différent de celui auquel j'ai toujours été habitué. Dans la navette qui m'amenait vers l'hôtel j'ai essayé d'attrapper tout ce que j'ai pu du paysage qui se dressait devant moi. Malgré la nuit noire, j'ai remarqué que l'autoroute qui relie l'aéroport au centre ville s'était parrée d'une belle couche d'asphalte toute neuve pour m'accueillir. Quelle délicatesse. Dans la pénombre, la crise économique ne semblait pas trop se faire sentir à Dakar; en tout cas pas dans le domaine de la construction. En effet, j'ai été vraiment surpris, tout au long du parcours emprunté pour me rendre à mon hôtel, du nombre de chantiers de construction d'hôtels qui allaient eux aussi être tous neufs et tous beaux pour accueillir de plus en plus de visiteurs très bientôt. Reste qu'une fois entrée dans la ville, les vieux taxis tous déglingués, les minibus surchargés appelés "car rapide", et les fortes odeurs de pollution ont vite fait de me rappeller mon passage à Yangon en Birmanie et surtout que j'étais bel et bien dans un pays en voie de développement. Pays pour lesquels le seul fait de penser à préserver l'environnement est, à proprement parler, un luxe que très peu peuvent se permettre.
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Il faut aussi que je vous dise qu'avant de partir de Marseille, Philippe m'a convaincu de choisir un hôtel de bonne réputation, au moins pour la première nuit, histoire d'être certain de me rendre au bon hôtel et que ma réservation soit bien confirmée. J'ai donc opté pour le confort et choisi, par internet, le Novotel de Dakar pour 116 Euro la nuit. Évidemment pour le prix je m'attendais au grand luxe, mais j'ai vite déchanté parce que ça avait plutôt l'air du Motel Idéal. Un peu frustrant quand on sait que les coûts d'opérations ne sont certainement pas les dépenses principales de l'hôtel. Bon, n'allez pas croire que je me plains là... je fais une constatation. Heureusement, j'ai bien dormi. C'est donc ce matin que, frais et dispo, j'ai fait le grand saut.
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Bonjour Dakar! Curieux et convaincu que j'allais devoir me débrouiller seul et n'accepter aucune aide de qui que ce soit, j'y tenais, je mis le nez dehors. Abdou fut la première personne à m'adresser la parole pour, vous l'aurez deviné, m'offrir son aide. D'un air sérieux, je le regardai droit dans les yeux et lui répondis sèchement un non merci. Aussi, toujours persuadé de la nécessité de garder mon indépendance, je poursuivis ma route et me dirigeai vers la Place de l'indépendance. Abdou, nullement découragé par mon attitude, continuait de marché à mes côtés en me posant toutes sortes de questions que j'essayais maladroitement d'ignorer. Arrivé au coin d'une rue, je sorti mon plan de la ville pour me repérer un peu. Abdou vit aussitôt sa chance et me dit: vous cherchez une banque, vous voulez déjeuner, vous cherchez le Palais Présidentiel? C'est à ce moment que je craquai, mon estomac avait gagné; j'avais une faim de loup et j'étais un peu perdu. Alors, je lui demandai s'il connaissais une place ou on servait du bon café. Il n'en fut pas plus pour qu'Abdou poursuive son pitch de vente et arrive assez facilement je l'avoue, à me convaincre de devenir mon guide. Donc, sans plus tarder mes chers amis je vous présente mon guide, Abdou!
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C'est donc flanqué d'Abdou que je fis le traditionel et assez joli tour de ville; palais, basilique, parlement, etc. Mais ce sont surtout les petits détails qui ont vite fait d'attirer mon attention et de m'intriguer. Par exemple, le baobab de Dakar, un arbre de plus de 600 ans situé en plein milieu de la route que tous les gens qui le croisent, touchent de leur main gauche en faisant un voeux ou une prière. D'ailleurs, il parait que certains baobabs, les plus vieux sont à Madagascar, seraient âgés de 2000 ans?! Plus tard, Abdou m'amena au marché de Dakar. Un endroit grouillant d'activité qui compte entre autres un espèce d'entrepôt boucherie dans lequel je n'aurais jamais mis les pieds si ça n'avait été d'Abdou. En y entrant, j'ai tout de suite pensé au film "Massacre à la tronçonneuse". Les images étaient tellement fortes que je vous mentirais en disant que je n'ai pas songé sérieusement à devenir végétarien... l'espace d'un instant. Un peu plus loin dans le marché, se trouvait la section des fruits et légumes. Fallait le savoir; une espèce de grande cave creusée dans le sol et remplie d'échoppes collées les unes sur les autres, chacune couverte d'un morceau de tôle tout croche servant de toit. Là-dessous, chaque centimètre carré était occupé. Je n'avais jamais rien vu de pareil. C'était comme si on avait voulu faire entrer toute la marchandise d'un Club Price dans un dépanneur du coin. Au fur et à mesure que l'après-midi passa j'étais de plus en plus content d'avoir accepté l'offre d'Abdou. Car vraiment, sans mon guide je n'aurais probablement jamais visité ces petits coins de la ville que je n'aurais d'ailleurs jamais même remarqués ou alors osé explorer.
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D'autre part, comme je le disais plus tôt, Dakar ne semble pas être une ville affligée par la pauvreté. Bien sûr elle connaît son lot de misère comme toutes les grandes métropoles, mais il semble qu'elle se fasse plutôt discrète. En fait, ce qui saute aux yeux c'est plutôt le contraire: appartements de luxe avec vue sur mer, nouveau palais de justice, grandes banques internationnales, Mercedes, BMW, Porsche Cayenne... Bien entendu, je n'ai visité que le centre ville mais pour cette partie, la vie à Dakar Centre m'apparait tout compte fait assez agréable. Ceci dit, c'est jeudi que mes impressions risquent de changer, car nous partirons visiter la ville de St-Louis un peu plus au nord et cette fois, je m'attends au vrai dépaysement. À suirrre.
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Enfin, mes amis je ne saurais vous quitter sans vous glisser un petit mot sur la crise économique.
Vous vous souvenez, Ben Bernanke le président de la réserve fédérale américaine? Et bien, il a fait un discours aujourd'hui dont j'ai bien aimé le ton. Il a affirmé entre autres que " le marché financier doit se redéfinir de manière holistique et doit prendre en considération la totalité des intervenants" en ajoutant que " l'avenir de la finance mondiale repose sur une concertation mondiale plutôt que chaque pays qui s'occupe de ses affaires". Surprenant, non? Serait-ce un autre indice nous permettant de croire que l'on s'éloigne de l'individualisme d'état? Malheureusement ici, les médias n'en parlent que très peu. Pourquoi? Je le découvrirai peut-être. Tout ce que je sais pour le moment c'est que ces derniers couvrent en grande partie la tentative de meurtre, oups excusez-moi, l'accident de Morgan Tsvangirai, le premier ministre du Zimbabwe, qui partage le pouvoir avec Robert Mugabe. Comment les blâmer?

2 commentaires:

Metalbator a dit...

T'as ben raison d'avoir accepter Abdou, c'est l'fun de visiter la ville avec quelqu'un qui la connaît comme le bout de ses doigts! On en apprend tellement plus!

Règle 1 : Ne jamais photographier un Africain en contre-jour. Sinon, utiliser le flash.

Geneviève a dit...

Intéressant, cette idée de concertation mondiale. Je connais pas ce gars-là, Ben des states, mais j'l'haïs pas!
Mais je vais dire comme toi, c'est assez suprenant.
Ce sont les puristes de la droite américaine qui doivent rugir! Ces défendeurs de l'État désengagé.
Tant mieux, si ça peut juste les diviser et faire pêter leur drabe parti de vieux bockés.

Mais est-ce que l'on est vraiment à l'aube de faire mondialement le pas vers une politique plus distributive, égalitaire qui intervient au nom de la protection des intérêts des citoyens?
Peut-être. Bien candidement, je l'espère. Tout comme toi. Abdou aussi probablement.

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