mercredi 15 avril 2009

Le Pays Dogon


Dimanche le 5 avril, la santé s’améliore un peu et je négocie un contrat de visite du Pays Dogon avec Cheik Omar. Ce ne sera pas lui qui me servira de guide mais le prochain en ligne car avec l’association des guides du Pays Dogon, il y’a un ordre à suivre. Mon guide sera donc Amaghana Guindo et pour 55 000 CFA (140$ Can) je m’achète un package deal tout comprit de deux jours, transport, hôtel, bouffe, breuvage. Il est certain que ce n’est pas le Ritz, limo, gastronomie et pauillac mais la mobylette fonctionne, le matelas déposé sur le sol est bien, la bouffe de la région est très bonne et je bois de l’eau minérale.

Le trajet pour ce rendre n’est que de 20 km et j’ai insisté pour prendre le volant. Le Pays Dogon se situe majoritairement au bas de la falaise de Bandiagara qui s’étend sur quelques 200 km et de 300 à 700 mètres de hauteur. Notre premier arrêt est le village de Djiguibombo qui lui, se situe sur le plateau en haut de la falaise. Bâti sur du rock il n’est pas possible pour ces villageois de construire tout avec de l’argile, c’est pourquoi toute les clôtures sont faite de pierres. Les petites huttes rondes ne sont pas les maisons mais plutôt les greniers pour entreposer la nourriture.


Nous continuons notre chemin sur la route qui longe une faille pour se rendre à la base de la falaise. Deuxième arrêt, le village Kani-Kombolé, ma première vue de cette magnifique falaise ainsi que les premières maisons dans la falaise. D’abord un peu d’histoire sur les Dogon, la région compte près de 50 petits villages de deux à trois mille habitants chacun. Pour être certain de rendre le tout compliqué, chaque village à son propre dialecte, donc d’essayer d’apprendre à parler le Dogon est un exercice futile. La salutation dans le dialecte de Amaghana est comme suit : agapo (bonjour), réponse, agapo ; sewa (ça va), réponse, sewa ; guini-sewa (la famille ça va), réponse, sewa ; et puis l’interlocuteur recommence ; sewa, réponse, séwa ; guini-sewa, réponse, séwa ; et les deux finissent par ho. La première fois que j’ai entendu c’était assez particulier.


Les Dogons, un peuple d’agriculteur, se sont installés dans la région il y’a plus de six siècles. Ce ne sont pas eux qui ont eu l’idée de construire les villages dans la falaise mais plutôt les Telmes (prononcé Tèlem) qui s y étaient installés il y a plus de douze siècles. Les Telmes vivaient de la chasse et des fruits qu’ils trouvaient dans les arbres de la vallée. Ils avaient élu domicile dans la falaise car c’était le meilleur moyen pour voir venir le danger, c'est-à-dire les fauves, les hyènes ou les ennemis. Les Dogons sont arrivés et ont défriché les forêts pour en faire la plaine que l’on retrouve aujourd’hui. Selon mon guide les deux peuples ont vécu en harmonie ensemble puis les Telmes sont tout simplement parti car ils ne pouvaient plus vivre de la chasse. Mon interprétation serait différente, les Dogons ont habité les maisons dans les falaises mais ne les ont pas construites, ce sont les maisons et les greniers Telmes qu’ils ont occupé. Je serais porté à croire que le départ vers le sud des Telmes fut plutôt forcé et non volontaire car il est très rare de voir un peuple abandonner tout bonnement son territoire. Par contre quand j’ai questionné mon guide, selon lui, l’histoire fut une transition paisible.


Troisième arrêt, le village de Teli, où l’on retrouve le plus grand nombre de constructions dans la falaise. Vraiment le Pays Dogon devrait faire parti de la liste des 100 choses à voir avant de mourir, Définitivement mon deuxième coup de cœur en Afrique après la Casamance. Au village de Teli nous avons grimpé la falaise pour nous rendre sur les lieus des petites maisons. Les Dogons ne sont pas restés très longtemps dans la falaise, il était très difficile de monter l’eau et les réserve de nourriture dans les hauteurs. Ils ont donc décidé de construire les villages actuel aux pieds de la falaise, par contre chaque famille Dogon détient et entretient toujours sa case dans la falaise, histoire de garder les traditions, par contre très peu de Dogons habitent encore la falaise.

Quatrième arrêt, le village d’Ende, où nous allons passer la nuit. Très similaire au village précédent de Teli, mais la spécialité du village est la teinture de tissu qu’ils exposent sur les murets de terre. Ce village est vraiment beau et une ambiance de fête y règne. D’ailleurs nous sommes en période d’initiation des petits garçons, c’est le temps de la circoncision, le passage au stade d’homme. Tout les initiés sont gardes dans une grande salle communautaire et ils chantent et dansent jusqu’aux petites heures du matin, le rituel dure 2 semaines. Pour ce qui est de la circoncision des fillettes, l’excision, une campagne de conscientisation financée par plusieurs ONG avec l’appui du gouvernement malien donne de très bons résultats et bien que plusieurs femmes fassent encore exciser leur petite fille, la pratique est en baisse et le dialogue sur le sujet est maintenant rendu possible.

Après un bon repas et une petite sieste, nous partons à l’ascension pour visiter les habitations dans la falaise, la maison du Hogon de Ende et la vue magnifique sur la plaine. Les prise de vue son à couper le souffle. On aurait du voir le Hogon mais il était absent, quel dommage. Retour au campement, une douche et puis c’est le diner qui nous est servi sur la terrasse au clair de lune. Comme je l’ai lu dans mon guide, je décide donc de dormir à la belle étoile, bien étendu sur le matelas les écouteurs de mon I-Pod dans les oreilles, je suis incapable de dormir. Je pense à vous tous, Roxanne, j’aimerais t’avoir à mes côtés, à ma famille et mes amis, le Pays Dogon c’est définitivement à vivre.

Réveil avec le lever du soleil, j’ai du dormir que deux heures mais je me sens bien. C’est l’éveil du village d’Ende, les gens partent les feux pour chauffer l’eau et une petite odeur de charbon commence à prendre le dessus sur la tranquillité du matin. Le soleil prend toute ça place et chasse les quelques nuages qui se font attendre, une autre journée parfaite en Afrique. Un autre petit tour de village et puis c’est le chemin du retour, pas déjà, mais je reviendrai, c’est promis.



Édition : Christine Adjahi née Gnimagnon

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Le Pays Dogon constitue également pour moi un de mes plus beaux et précieux souvenirs de mes voyages.

Pierre

Publier un commentaire

Publier un commentaire